L’Epicerie Ordinaire s’intéresse aux fonds de placard de nos cuisines. Comme sa grande soeur Landmade, qui fait dans le produit « utile et familier » pour la maison, l’EO remet à l’honneur une épicerie basique de qualité. Nous aurions dû dire « basique mais de qualité » tant les deux  termes semblent s’opposer. Et pourtant, non seulement l’ordinaire n’exclut pas l’exigence, mais il peut lui-même devenir synonyme de qualité de vie, à une période où il est sérieusement question de ralentissement, de simplicité volontaire, de frugalité heureuse, etc…

Réhabiliter l’ordinaire, c’est donc tout d’abord de faire rimer qualité avec gourmandise.

Malgré leur apparente banalité, on découvre en creusant un peu sous chacun de ces produits, un incroyable trésor de savoir-faire et de techniques complexes. Il y a un monde entre un produit banal bâclé et un produit banal élaboré dans les règles de l’art, avec patience et passion. Sans être expert gastronomique, on comprend bien qu’il n’y a pas de bon plat sans bons ingrédients. Et pourtant, combien d’impasses ne sont-elles pas faites au nom de ce statut de simple » ingrédient » : du « beurre de cuisine » versus du « beurre de table »… ; et que dire des d’abricots sans gouts et tristounets qu’on rebaptisera à l’étal  « à confiture »… ?

C’est donc avec une grande exigence que nous sommes allés sur ce chemin de « l’ordinaire », en dénichant les savoir-faire qui font vraiment la différence. Du bio, du local, de l’artisanal bien sûr, quand c’est possible, sans oublier ce qui nous a paru comme essentiel : le goût. Mais comme on dit « les goûts et les couleurs »…, nous vous laissons juges !

 

Réhabiliter l’ordinaire, c’est aussi remettre à l’honneur :

 

  • Le basique : des ingrédients aussi peu transformés et proches de la nature que possible, et en assortiment réduit. Retrouver le plaisir de cuisiner avec des produits simples et de prendre le temps. Panne d’inspiration, pas le temps, une grosse flemme ? Pas de souci, l’Epicerie Ordinaire compatit et vous propose en roue de secours quelques délicieuses conserves de derrière les fagots.

 

  • Le récurrent : cuisiner des plats « maison » coutumiers. Cette forme de routine culinaire a du bon : on maitrise son sujet, on gagne du temps, on fonde une tradition familiale qui se transmettra (les plats de famille) et plat après plat on accoutume les enfants à des saveurs qu’ils n’auraient pas spontanément appréciés autrement. S’alimenter avec des plats coutumiers, c’est aussi déguster avec le plaisir du connaisseur, mais à sa juste à sa faim, sans les excès de la découverte frénétique et permanente de saveurs nouvelles.

 

  • Le local :  chez nous, pas de sel de l’Himalaya, mais de Guérande… Situés dans le Nord, nous trouvons régionalement d’excellents produits : farine du Hainaut (Belgique), miel de tilleul de Picardie, puis ensuite, sur le plan national, tout le reste. Et enfin les exceptions qui confirment la règle : des pâtes et des sauces italiennes, et du poivre d’Indonésie. Bref, le fond de rayon de notre culture culinaire contemporaine.

 

 

  • L’irrégularité: la nature impose non seulement le rythme des saisons mais aussi de grandes variations en qualité et en quantité suivant la météo. Un peu comme avec le vin, on pourrait presque parler de « millésimes » pour n’importe quel produit agricole de peine terre, pas trop traficoté. Gérer l’ordinaire, c’est donc vivre en prise avec les éléments et une certaine fatalité climatique. Comprendre que la météo finit par décider de ce qui est dans vos placards est une prise de conscience salutaire. L’Epicerie Ordinaire ne manquera de vous faire vivre au rythme palpitant du calendrier et des aléas productifs de vos denrées préférées, pour le meilleur ou pour le pire.

 

  • Les provisions : un mot totalement ringuardisé à l’heure du « juste à temps » et du « chronodrive ». Et pourtant la sagesse voudrait qu’on ait « de quoi voir venir » dans nos armoires. Réapprendre à stocker, c’est non seulement un gain de temps et d’argent (achats en demi-gros) mais ça peut s’avérer très convivial (achats groupés entre voisins, CE, AMAP, etc…). L’Epicerie Ordinaire propose diverses formules inédites qui vont vous réconcilier avec le plaisir des commissions.

 

Pour terminer, et s’élever un peu au-dessus du niveau de l’écuelle, méditons cette phrase de Georges Pérec dans « L’infra-ordinaire » (1989):  « Comment parler de ces « choses communes », comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu’elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes ».